Accompagnement de fin de vie

 

Prendre soin d'une personne mourante par Christine Salvador

En prenant soin des personnes mourantes, nous sommes appelés parfois à faire des erreurs. Il m'est apparu qu'il pouvait s'avérer utile de connaître quelques principes de bases sur les aspects les plus importants du soutien, de façon à être en mesure de se corriger avant d'avoir un geste déplacé. Ceci est particulièrement vrai pour ceux d'entre nous qui ne sont pas des professionnels, mais qui sont un jour appelés à prendre soin d'une connaissance ou d'un ami mourant. Peut-être n'avons nous qu'un entraînement minimum ou même aucun entraînement du tout dans ce domaine, et une connaissance insuffisante des publication: actuelles destinées à ceux qui prodiguent des soins.

Voici quelques éléments de base sur la façon de communiquer avec les personnes mourantes. Si vous les jugés pertinents, vous pourriez apprendre les têtes de paragraphes indiquées en caractère gras, et ensuite les utiliser pour travailler avec vos propres réactions. La plupart des idées et remarques qui suivent proviennent de mon propre manque d'habileté envers les autres, aussi j espère qu'ils vous seront utiles dans votre processus personnel d'apprentissage, afin que celui-ci soit moins douloureux et moins long que le mien.

Compréhension et acceptation

Quelles que soient les circonstances personnelles, ce dont a besoin une personne mourante tient en deux choses : compréhension c'est-à-dire sentir quelle est écoutée et que l'on s'intéresse à elle, que quelqu'un comprend comment et pourquoi elle se sent ainsi ou agit ainsi, et l'acceptation - elle a besoin de sentir que personne ne la juge, ne la repousse ou ne dévalorise sort expérience, mais que quelqu'un désire réellement écouter ses problèmes.

Répondre en étant là plutôt qu'en faisant quelque chose

La plupart du temps, ce que l'on attend de nous n'est pas que nous fassions quelque chose, mais plutôt que nous soyons simplement là. Peut-être que dans seulement 10°/° du temps il est nécessaire de répondre en faisant de façon concrète quelque chose afin de soulager la souffrance de la personne.
Parfois, c'est la chose la plus difficile à faire pour nous, simplement rester là avec notre ami, attentif, dans cet espace de confusion, de souffrance, de refus ou de reproche, et cependant c'est ce qui apporte le plus de réconfort. Si nous pouvons écouter, et recueillir de manière silencieuse les problèmes de la personne, sans v ajouter nos propres idées vu nos histoires personnelles, ainsi, lorsque nous l'aurons quittée, sa douleur lui semblera plus légère. Il y a beaucoup de sagesse à dire "un poids partagé, est un poids divisé". Parfois, afin d'aider la personne mourante à s'épancher plus facilement, on peut poser des questions pour l'encourager à sortir de sa réserve; ou si elle est repliée sur elle-même, raconter une histoire tirée de sa propre expérience - mais sans connotation morale - peut souvent apporter une lueur d'espoir.

La raison pour laquelle le fait de faire quelque chose échoue ou, pire, fait fausse route, tient à ce que es gens ne changent pas tant qu'ils n'ont pas réalisé qu'ils souffrent et jusqu'à ce qu'ils réalisent cela. Si nous désirons vraiment partager leur expérience et leur renvoyer notre sentiment sur ce qu'ils sont en train de traverser, ils peuvent, dans l'espace de compassion et d'acceptation que nous avons créé, éprouver le désir d'essayer quelque chose de nouveau. Mais ils peuvent aussi ne pas éprouver un tel désir.

Afin d'offrir une aide réelle aux mourants, nous devons considérer notre rôle et nous-mêmes avec légèreté.

N'instaurez pas de distance lorsque vous apportez votre secours

Quand je m'observe alors que je m'apprête à donner une réponse ou à apporter une solution particulière à une personne mourante, je ne dois pas oublier de -tourner sept fois ma langue dans ma bouche". Quand notre ami mourant commence lentement à s'épancher et nous décrit sa douleur, sa peur ou son reproche le plus profond, si nous enchaînons tout de suite en e,\primant notre propre opinion sur ce qu'il devrait ou pourrait faire, nous instaurons immédiatement une distance. Dans notre crainte, nous restons déconnectés de ce qu'est réellement leur expérience, au lieu de montrer que nous désirons simplement demeurer avec cette personne dans ces moments de douleur partagée.

Pas de formules toutes faites

Dans notre désir sincère de rassurer, nous sommes souvent tentés d'offrir une compréhension rapide pour apaiser la douleur. Ce que nous ne réalisons pas, c'est que ces formules toutes faites que nous avons en réserve peuvent blesser : elles ont souvent un sens sous-jacent de jugement, de dénégation ou de supériorité morale :"Ça n'est pas si grave, pensez un peu qu'il y en a de plus malheureux."
Ce genre de réponse ne fait que minimiser ce que la personne vient juste de partager avec vous, et nie l'ampleur de sa souffrance; Pour vous débarrasser de cette habitude, vous pouvez remarquer ce que vous ressentez quand les autres vous -offrent leurs solutions toutes faites.

Ne cherchez pas d'explications à la maladie et ne dispensez pas vos thérapies préférées

Chaque religion et chaque culture trouve a sa façon une cause ou une signification à la maladie. Cela n'a aucune réalité propre en dehors de l'esprit de celui qui y croit, et peut avoir un effet particulièrement destructeur sur votre ami malade ou mourant, qui souffre peut-être déjà des reproches qu'il se fait à lui-même à partir des explications qu'il s'est fabriquées ou des opinions données par ses amis.

Imposer aux autres les idées que nous jugeons bonnes ne fonctionne jamais. Peut-être que votre père, qui est en train de mourir d'un cancer du poumon, ne veut pas s'arrêter de fumer. A ce stade de votre relation, qu'est-ce qui est le plus important : creuser un énorme fossé entre vous en le jugeant et en essayant de le convaincre de changer, ou laisser tomber votre "mission de sauvetage" et apprendre humblement à l'accepter tel qu'il est, de façon à ce que vous puissiez jouir ensemble du temps qui vous reste ? Les gens meurent comme ils ont vécu. Il est. différent de vous, et il a le droit d'être différent. Posez-lui plutôt des questions, et tentez d'en savoir plus sur sa vie en d'autres termes, découvrez le "comment" et le "pourquoi" de ce qu'il est aujourd'hui.

Renvoyez la balle

Votre ami vient de vous décrire une relation émotionnelle immense et accablante ou une souffrance matérielle ou spirituelle qu'il traverse. Au lieu de proposer vos propres solutions, auxquelles vous êtes normalement très attaché, essayez d'aider cette personne à découvrir quels sont les choix qui s'offrent à elle. En d'autres termes, renvoyez-lui la balle. Quand une personne parvient à se faire une idée de ce dont elle a besoin, il a de fortes chances pour qu'elle puisse se débrouiller. "Qu'avez-vous déjà essayé face à cette difficulté ?" Que devriez-vous faire selon vous ?-Vérifier votre motivation est une bonne façon de commencer. Pourquoi est-ce que je veux proposer cette idée à mon ami mourant ? Qu'est-ce que je souhaite en retirer ? Qu'est-ce que j'espère le plus dans cette situation ?

C'est le temps qui fait tout

Voyez quand et comment offrir votre aide. N'offrez rien au début. Essayez d'entendre quand la personne mourante vous demande, réellement quelque chose. S'il (ou elle) est très indépendant, par exemple, il peut être particulièrement important d'attendre que ce soit lui (ou elle) qui réclame votre aide.
Peut-être avez-vous proposé votre aide et elle n'a pas été acceptée. Dans ce cas, attendez une ouverture. Est-ce que quelque chose a changé ? Est-ce que la personne est plus ouverte ? _Écoutez et observez à tous les niveaux de votre être, car parfois les mots sont l'information la moins fiable sur ce qui se passe réellement.

Faites confiance à votre intuition

Combien de fois, dans telle ou telle situation, alors que notre intuition nous disait quoi faire, ne l'avons-nous pas suivie. Par la suite, nous réalisons que ce que nous n'avions alors osé faire, ou dire, était justement ce qu'il fallait. Si vous n'êtes pas sûr de vous, faites le point, et posez des questions : " Désirez-vous que je vous aide à résoudre ceci ? " Ou J'ai envie de vous prendre dans mes bras, vous êtes d'accord ?

N'espérez pas être parfait

Malheureusement, tout le monde n'apprécie pas notre aide, pourtant sincère. L'est une des raisons pour laquelle, en matière de soins, on manque de professionnels. "est terriblement difficile de donner et de continuer à donner, sans recevoir aucune reconnaissance en retour. Ce qui est encore plus blessant, c'est quand vous savez que vous avez fait quelque chose de juste mais que cela choque quelqu'un, un membre de la famille par exemple.

Certaines personnes ont si peur de commettre une erreur, de faire des vagues, qu'elles ne se risqueront jamais à essayer quelque chose de nouveau, ou à instaurer un rapport d'échange dynamique avec la personne mourante. Nous oublions qu'il y a une condition préalable indispensable : nous n'avons pas besoin d'être parfaits. N'espérez pas être parfait et ne marchez pas continuellement sur des oeufs pour éviter de commettre la moindre erreur.

Même avec les meilleures intentions du monde, nous commettons des erreurs et nous blessons les gens, parfois, ou nous agissons simplement ne manière inadéquate. Au lieu de jurer que vous ne vous risquerez plus jamais à être encore authentique et ouvert, faites plutôt le serment d'apprendre de vos erreurs et de nous excuser dès que tous vous en rendez compte. Non seulement personne n'espère que vous soyez parfait, mais on serait probablement très contrarié à votre égard si vous l'étiez.

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